Le quartier Saint-Thibault
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La maison du Pilori


Cette maison, exceptionnelle par la richesse de son décor, comprend deux étages. L’étage supérieur, bien que reconstruit au XIX° siècle, existait à l’origine. Le rez-de-chaussée s’ouvre par deux portes. La porte centrale était autrefois surmontée de la grande accolade à feuilles de vigne et médaillon, remontée en 1842 sur le premier étage. Les potelets qui surmontent cette porte, les fenêtres à croisée, les potelets qui sont au-dessus et au-dessous des baies sont des restaurations modernes.
Les poteaux corniers présentent une riche iconographie. Au centre prend place saint Martin. Il est porté par une console ornée d’un ange, montrant un écu timbré d’un bœuf. Le nom du propriétaire de la maison est indiqué dans un phylactère placé au-dessus : Martin Leboeuf. Le décor de ce poteau central forme ainsi un rébus qui indique le nom du propriétaire. A gauche saint François d’Assise, et à droite saint Jean-Baptiste, sont représentés sous des dais flamboyants. Les consoles sont formées par de curieux personnages, tirés d’une légende jovinienne : un bossu amoureux d’une belle implore saint Thibault de passage à Joigny pour qu’il le guérisse de sa malformation. Ainsi, à droite, le bossu est-il représenté avant l’intervention du saint, et à gauche, une fois le miracle opéré ! Ces consoles sont portées par des colonnes couvertes d’écailles. Les sablières sont avalées à chaque extrémité par des engoûlants.
A l’étage, les guettes verticales sont sculptées de colonnettes à écailles terminées par des pinacles. Tous les éléments verticaux sont amortis à leur base par une grossière tête sculptée. Les poteaux corniers des angles supportent les figures de sainte Barbe avec sa tour, qui protège la maison contre l’incendie, et de sainte Catherine. Les niches à dais flamboyant se caractérisent par un décor de feuillages très aigus, vigoureusement enlevés, que l’on retrouve sur d’autres maisons de Joigny.
Ce qui renforce l’intérêt de cette maison, c’est le très rare remplissage de carreaux de céramique polychrome complété lors de la restauration. Les dessins du XIX° siècle montrent déjà ce décor de carreaux. Il est toutefois sans doute postérieur à la construction.
La maison dite du Pilori fut celle du peintre Camille Delpy.

La façade de cette maison a été classée « Monument Historique » le 9 août 1924.
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