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Des occupations humaines sont déjà attestées sur le site de Joigny au paléolithique supérieur, durant les périodes protohistorique, gallo-romaine (la voie Agrippa passait en effet à 3 kilomètres au sud de Joigny) et plus tard mérovingienne. Mais les premières traces de Joigny même sont plus récentes. Elles remontent au IX° siècle : un manuscrit conservé à Stockholm, le Liber sacramentorum, mentionne son nom - Gauniacus (ou Jauniacus) - parmi ceux des paroisses du diocèse de Sens. Toutefois, aucune indication de l’emplacement de cette paroisse ni de la forme de l’occupation n’est précisée. Des chroniques médiévales de l’abbaye de Saint-Pierre le Vif de Sens font état de Joigny. Il y est expliqué que Renard-le-Vieux détruisit l’abbaye Notre-Dame du Charnier de Sens et entreprit à la fin du X° siècle la fortification du « château » de Joigny sur une des terres appartenant à ce monastère. La position géographique de Joigny sur un éperon calcaire lui permettait en effet de surveiller le duc de Bourgogne et le comte de Champagne, et en faisait donc un endroit stratégique. De plus, l’Yonne était un moyen de communication important et fournissait des ressources vitales à la population, tout comme la forêt d’Othe.
Aucun vestige de ce château ne nous est parvenu. L’existence d’un château est cependant certaine au XI° siècle, au moment de la création du comté de Joigny, par séparation du comté de Sens. Il occupait le même emplacement que le premier château. En partie détruit par un incendie au XVI° siècle, puis rasé par le seigneur de Joigny un peu plus tard, il ne reste aujourd’hui que quelques traces de ce château médiéval : la porte Saint-Jean et quelques parties du mur d’enceinte. Autour de ce premier noyau, l’extension de la ville se poursuit. A l’est, l’actuel quartier Saint-André se développe à partir d’un prieuré clunisien fondé à la fin du XI° siècle. L’église paroissiale Saint-André s’élève au milieu de l’enceinte castrale. Enfin, à l’ouest, le quartier Saint-Thibault rassemble des artisans et des commerçants autour de l’église du même nom. Ces extensions de la ville obligent à construire de nouvelles murailles à la fin du XII° siècle et au XIII° siècle.
En 1530, un terrible incendie ravage la cité. Grâce à la richesse qu’elle tire du commerce de ses vins et à la générosité du seigneur, la ville de Joigny se relève rapidement de ses cendres, comme en témoignent aujourd’hui les nombreuses maisons à pans de bois sculptés datant du XVI° siècle qui peuplent la vieille ville. Ces demeures en bois, la chapelle des Ferrand, le château et les églises qui bénéficient de grands travaux, font de Joigny une ville de la Renaissance. Le centre ancien a également conservé son réseau de petites rues pentues, reliées par d’étroits passages ou escaliers. Les places, rares et exiguës, sont des lieux de rencontre et d’échanges commerciaux.
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De 1603 à 1792, la famille des Gondi – d’origine italienne – et ses descendants règnent sur le comté de Joigny. Durant cette période, la ville change de visage. Au XVII° siècle, deux importants établissements conventuels sont créés : les religieuses de Saint-Mihiel et les capucins qui s’installent avec l’aide des Gondi. Au XVIII° siècle, des travaux d’urbanisme commencent avec la démolition des remparts sud, l’aménagement des quais, la reconstruction du pont et la réalisation du faubourg du Pont. Parallèlement, au cours de ces deux derniers siècles, des hôtels particuliers agrémentés de jardins en terrasses sont construits le long des rues Saint-Jacques, Montant-au-Palais, Couturat et Dominique Grenet.
Au XIX° siècle, Joigny, devenue sous-préfecture et importante ville de garnison , poursuit son urbanisation et se dote de nouveaux équipements, alors que l’activité viticole se ralentit fortement. Les remparts ainsi que les portes fortifiées sont démolis et remplacés par de larges boulevards. La ville se dote d’un palais de justice, d’une halle aux grains – théâtre, d’un abattoir et d’un marché couvert. La construction du chemin de fer entraîne la création d’un quartier résidentiel entre le pont et la gare.
En 1927, la sous-préfecture est supprimée et Joigny devient un simple chef-lieu de canton. Dans les années soixante, sont lancés de vastes projets d’urbanisme qui voient le développement du quartier de la Madeleine. L’extension est de la ville se fait alors sur des terrains constitués par des terres agricoles et des vignes. Aujourd’hui, ce quartier constitue une ville satellite. Autour de son complexe commercial, s’organise de grands ensembles de logements collectifs, des lotissements et, à proximité, l’église Saint-Vincent de Paul, le lycée, le collège Marie-Noël, des équipements sportifs (stade, salle omnisports, piscine, tennis…).
Le 10 mars 1995, un secteur sauvegardé a été créé à Joigny par arrêté ministériel. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur, en cours d’élaboration, va notamment permettre la poursuite des efforts de réhabilitation et de restauration architecturale de la ville, dans un cadre réglementaire adapté. |
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